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"COMMENT OBTENIR DES DONNEES COMPARABLES LORSQUE LES REGLES DE RECENSEMENT CHANGENT?"

Christiane Weber et Jacky Hirsch
URA 902 Institut de Géographie-GSTS
12 rue Goethe 67000 Strasbourg

Résumé:

Connaître l'évolution des caractéristiques démographiques d'une ville est un atout important tant en terme de gestion que de planification. Cependant un des points-clé d'une démarche diachronique réside dans la comparabilité des informations recueillies. Cette comparabilité se doit d'être contrôlée au niveau sémantique comme au niveau syntaxique de l'information.

Il est des cas où les changements syntaxiques peuvent être maîtrisés suffisamment pour qu'il n'y ait pas de difficultés majeures à poursuivre une analyse diachronique, par exemple lorsqu'il s'agit de glissements dans les définitions des variables utilisables, comme par exemple le groupement de catégories socio-professionnelles dans la nomenclature des activités du recensement de la population. Ces changements peuvent aussi correspondre à des modifications plus contraignantes comme la détermination spatiale des unités de regroupement de l'information. Dans le cas des recensements, les évolutions de tracé des îlots nécessitent souvent un contrôle minutieux, afin d'identifier les répercussions de ces modifications. Ceci dans certains cas implique un niveau d'analyse plus global peut-être moins satisfaisant mais correct statistiquement.

Lorsque pour le recensement de la population française, l'INSEE conformément aux directives légales a diffusé les informations au niveau d'un regroupement de population équivalent à 5000 personnes, les règles usuelles d'analyse de comparaison urbaine s'en sont trouvées profondément modifiées. Malgré les efforts d'harmonisation avec les contours des unités anciennes, les nouvelles unités empêchaient, en tout cas pour Strasbourg, d'établir une comparaison entre 1982 et 1990.

Parmi les solutions envisagées, nous avons préféré conserver les limites des unités spatiales du recensement de 1982 (pour un souci de comparabilité avec les années antérieures). Ne disposant pas des informations à un niveau agrégeable (îlot) nous avons donc dû estimer la répartition de la population en 1990 par rapport à un référentiel spatial invariant, "l'image identitaire de la population en 1990", selon un principe d'agrégation/désagrégation. Ceci nous a permis d'obtenir cette information selon un ordre spatial connu (les références de 1982) et d'analyser les évolutions de population. L'interpolation aréale complexe utilisée, a été élaborée en utilisant l'imagerie satellitaire, et en tirant parti de deux approches complémentaires de traitement d'image, l'une abordant l'information satellitaire de manière pseudo-continue (pixel), l'autre favorisant les développements zonaux.

Mots-clés: Analyse diachronique, imagerie satellitaire, interpolation aréale complexe, répartition de la population.